 |
|
1885-1909 Première attestation de membre, qui fut utilisée plus tard comme diplôme de membre honoraire.
|
Pour fonder une mutuelle, il faut des hommes dévoués, aux sentiments généreux. Au cours des années 1880, il s’en est trouvé parmi un groupe de citoyens habitant notre ville. Certes, il y avait déjà des créateurs d’oeuvres philanthropiques, sociales et qui existent encore aujourd’hui.
L’une des premières et des plus importantes fut «La Solidarité, société en faveur de l’enfance malheureuse et pour l’étude des questions sociales». En 1882, ses initiateurs MM. Charles Chappuis et Charles Dufour tous deux employés de la compagnie de chemin de fer Suisse occidentale-Simplon, purent s’assurer la collaboration, au sein de leur premier comité, du juge cantonal Gustave Correvon, président, des conseillers d’Etat Charles Boiceau et John Berney, du syndic Samuel Cuénoud et du directeur des postes Camijle Delessert.
Dans le courant de l’hiver 1883-1884, quelques membres de la Solidarité appartenant à l’ancienne compagnie du chemin de fer SOS présentèrent à leur comité une étude ayant pour objet de créer à Lausanne une société de secours mutuels pour les orphelins dans le genre de celle qui existait déjà à Genève depuis 1872.
Dans sa séance du 24 avril 1884, le comité de La Solidarité, sous la présidence de Gustave Correvon, a soumis l’étude de ce projet à une commission spéciale.
En faisaient partie:
MM. SAMUEL CUÉNOUD, syndic de Lausanne, président. CHARLES BOICEAU, conseiller d’Etat. LOUIS DEMONT, secrétaire du Service cantonal des secours publics, Lausanne. CHARLES DUFOUR, receveur à la gare SOS, Lausanne. FRANÇOIS DUFEY, sous-chef de gare, Renens. MARC MICHET-CLEMENT, employé à la gare, Lausanne. ÉMILE PELET, instituteur, Lausanne. HENRI WITTWER, chef de la comptabilité de la Compagnie SOS.
Le 23 novembre 1884, la commission faisait son rapport à l’assemblée générale de La Solidarité. Samuel Cuénoud, président et rapporteur, exposa tout d’abord le fonctionnement de la société genevoise et termina par un projet de statuts en 41 articles ayant pour but de fonder à Lausanne une oeuvre semblable appelée:
| LA PATERNELLE |
| Société mutuelle d’assurance pour les orphelins |
 |
| 1926 «Le cornet-cadeau», une tradition très appréciée des enfants. |
Mais qui dit Paternelle aujourd’hui pense spectacle de Noël. Car, en 1885, afin de permettre aux membres de mieux se connaître, fonder une grande famille pour les orphelins et aussi faire connaître la société et trouver de nouveaux adhérents, l’idée naquit d’organiser une fête de Noël dans la capitale vaudoise.
La première fête eut lieu au Casino-Théâtre de Georgette, le 3 janvier 1886. Au programme, de la musique par l’Union instrumentale, un discours, des choeurs et un arbre de Noël avec distribution de cadeaux.
Le 25 décembre de la même année, on ajoutait une séance de lanterne magique puis, l’année suivante, un prestidigitateur et, en 1888, se joua la première pièce intitulée «Le cadeau de Noël». C’est ainsi que naquit le Théâtre d’enfants de La Paternelle, une troupe qui monta sur la scène du Lumen dès 1919, puis au Théâtre municipal dès 1932 avant de déménager dans les années 1960 au Théâtre de Beaulieu.
Le nombre de spectateurs augmente, le nombre de séances aussi, avec toujours ces constantes: un texte inédit, un spectacle de haute tenue joué par les enfants des membres, encadrés par une poignée de professionnels de la scène et une kyrielle de bénévoles en coulisses. Et, bien sûr, le Bon Enfant, qui vient rejoindre tous les petits artistes pour chanter en choeur avec eux «Voici Noël», tandis que, dans la salle, des larmes coulent sur les joues des parents attendris... |